apologue


apologue

apologue [ apɔlɔg ] n. m.
• 1490; lat. d'o. gr. apologus
Petite fable visant essentiellement à illustrer une leçon de morale. 1. parabole. « l'apologue est la démonstration d'une maxime par un exemple » (Faguet).

apologue nom masculin (latin apologus, du grec apologos, récit) Court récit en prose ou en vers, dont on tire une instruction morale. ● apologue (difficultés) nom masculin (latin apologus, du grec apologos, récit)apologieapologue (synonymes) nom masculin (latin apologus, du grec apologos, récit) Court récit en prose ou en vers, dont on tire...
Synonymes :
- allégorie

apologue
n. m. Petit récit allégorique exposant une vérité morale.

⇒APOLOGUE, subst. masc.
DIDACT. Court récit imaginaire ou parfois réel dont se dégage une vérité morale. Synon. histoire, conte, parabole, fable :
1. Cependant je ne doute point que vous n'ayez lu, dans beaucoup de préfaces de fables, que l'apologue est une instruction déguisée sous l'allégorie d'une action : ...
FLORIAN, Fables, De la Fable, 1792, p. 10.
2. Les patriciens envoyèrent au peuple celui des leurs qui lui était le plus agréable, Menenius Agrippa. Il leur adressa l'apologue célèbre des membres et de l'estomac, véritable fragment cyclopéen de l'ancien langage symbolique.
MICHELET, Hist. romaine, t. 1, 1831, p. 110.
P. ext. Événement dont se dégage une leçon morale :
3. ... la rouille est venue à mon glaive : rouille de honte, soudure d'oisiveté! Sous les propres yeux de ma belle ce béjaune me nargue, m'insulte et me provoque. Leçon profonde! enseignement philosophique! apologue moral! Désormais je tuerai deux ou trois hommes avant de déjeuner, pour être sûr que ma rapière joue librement.
T. GAUTIER, Le Capitaine Fracasse, 1863, p. 120.
4. Il est certain qu'apparemment, pour avoir vu cent fois le même acteur, je ne l'en connaîtrai personnellement pas mieux. Pourtant si je fais la somme des héros qu'il a incarnés et si je dis que je le connais un peu plus au centième personnage recensé, on sent qu'il y aura là une part de vérité. Car ce paradoxe apparent est aussi un apologue. Il a une moralité. Elle enseigne qu'un homme se définit aussi bien par ses comédies que par ses élans sincères.
CAMUS, Le Mythe de Sisyphe, 1942, p. 25.
SYNT. Faire, écrire, composer, imaginer, lire, écouter un apologue; répondre par un -; comprendre l'apologue; apologue bien connu, célèbre, oriental, admirable, naïf; — du jardinier, du paon, de la fable; — en prose, en vers; en forme d'apologue; sens profond, sens caché, clarté, vérité de l'apologue.
Rem. La docum. fournit le néol. apologuer « s'exprimer au moyen d'apologues ». ,,J'ai une envie d'apologuer qui me coupe les flancs!`` (COLETTE, L'Entrave, 1913, p. 281).
PRONONC. ET ORTH. — 1. Forme phon. :[]. 2. Forme graph. — On trouve des ex. du mot sous des formes pop. ou dial. : apologe (cf. M. STÉPHANE, Ceux du trimard, 1928, p. 155 et F. VIDOCQ, Mémoires de Vidocq, chef de la police de sûreté, jusqu'en 1827, t. 3, 1828-1829, p. 160); apoloche (cf. É. MOSELLY, Terres lorraines, 1907, p. 32).
ÉTYMOL. ET HIST.
I.— XVe s. « petit récit d'un fait vrai ou fabuleux, par lequel on veut présenter une vérité instructive » (G. Tardif ds DELB. Rec. ds DG : Le premier apologue ou fable).
II.— 1616-20 « apologiste » (D'AUBIGNÉ, Confessions du sieur de Sancy, [dédicace] ds Œuvres, éd. Reaume-de-Caussade, t. 2, p. 236 : un des traducteurs du Tasso, qui a choisi pour son apologue le Prince de Conty); repris par DG où il est qualifié de vieilli.
I empr. au lat. apologus, « id. » PLAUTE, Stich., 570 ds TLL s.v., 250, 7; cf. CICÉRON, Inv. 1, 25, ibid., 249, 83; empr. au gr. « récit détaillé, narration » (PLATON, Resp. 614a ds BAILLY) d'où « fable » (Cependant le mot gr. ne figure pas ds CICÉRON, De Orat., 2, 264, éd. Courbaud : Et ad hoc genus ascribamus etiam narrationes apologorum); II dér. de apologie sur le modèle de analogie/analogue.
STAT. — Fréq. abs. littér. :103.
BBG. — BACH.-DEZ. 1882. — Bible 1912. — BOUILLET 1859. — DAUZAT (A.). L'Attraction paronymique dans le français populaire contemporain. Archivum romanicum. 1937, t. 21, pp. 202-203. — Dictionnaire des symboles, mythes, rêves, coutumes, gestes, formes, figures, couleurs, nombres. Éd. J. Chevalier, A. Gheerbrant, M. Berlewi. Paris, 1969, p. 15. — Gramm. t. 1 1789. — LAF. 1878. — LAF. Suppl. 1878. — LAURENT (P.). Contribution à l'histoire du lexique français. Romania. 1925, t. 51, p. 34. — MARCEL 1938. — NOTER-LÉC. 1912. — PIERREH. Suppl. 1926. — SPRINGH. 1962.

apologue [apɔlɔg] n. m.
ÉTYM. 1490; du lat. apologus, grec apologos « récit fictif ».
1 Court récit exposé sous une forme allégorique et qui comporte un enseignement, une leçon de morale pratique. Fable, parabole. || Sens moral d'un apologue. Affabulation.Le genre littéraire de l'apologue (→ ci-dessous, cit. 2).
1 Nous voyons que la Vérité a parlé aux hommes par paraboles; et la parabole est-elle autre chose que l'apologue, c'est-à-dire un exemple fabuleux, et qui s'insinue avec d'autant plus de facilité et d'effet qu'il est plus commun et plus familier ?
La Fontaine, Fables, Préface.
2 Nous devons l'apologue à l'ancienne Grèce.
La Fontaine, Fables, III, 1.
3 L'apologue est un don qui vient des immortels,
Ou, si c'est un présent des hommes,
Quiconque nous l'a fait mérite des autels.
La Fontaine, À Mme de Montespan.
4 Les fictions qui ont un objet moral s'appellent apologues ou fables, et, comme leur objet n'est ou ne doit être que d'envelopper des vérités utiles sous des formes sensibles et agréables (…)
Rousseau, Rêveries…, 4e promenade.
5 (…) l'apologue est la démonstration d'une maxime par un exemple.
Émile Faguet, Études littéraires, XVIIe s., p. 252.
2 Enseignement moral (d'un fait, d'un événement); fait qui implique un tel enseignement.
6 (…) ce paradoxe apparent est aussi un apologue. Il a une moralité. Elle enseigne qu'un homme se définit aussi bien par ses comédies que par ses élans sincères.
Camus, le Mythe de Sisyphe, Pl., p. 106.

Encyclopédie Universelle. 2012.